La Suisse a évolué lentement au cours des siècles, et s’est progressivement constituée à partir de ses différentes parties. Il est passé d’une confédération (une association lâche de communautés autonomes) à un État fédéral plus centralisé. Au Moyen Âge, les différents territoires, en s’unissant, ont reçu de plus en plus de liberté de la part de l’empereur romain germanique, qui était leur souverain nominal.

La Réforme et la lutte qui s’en est suivie entre catholiques et protestants ont profondément marqué l’histoire du pays. Napoléon a rassemblé les Suisses dans ce qui constitue presque les frontières d’aujourd’hui. C’était au début du XIXe siècle, mais ce n’est qu’en 1848 que la Suisse est devenue une république fédérale moderne.

Les grands repères de l’histoire suisse

La période de la « vieille Suisse » – 1291-1515. 1291 : La tradition veut qu’en 1291, au début du mois d’août, les nobles des villes d’Uri, de Schwyz et d’Unterwalden aient signé la « Charte de l’Union » (Bundesbrief), qui énonce le principe de l’aide mutuelle « face aux changements des temps ». En réalité, ce document, l’un des nombreux documents de ce type, a été créé bien plus tard, vers le début du 14e siècle.

1315 : La milice paysanne bat l’armée supérieure des chevaliers Habsbourg à Morgarten Heights. 1332-1353 : Le territoire de la « vieille Suisse » est étendu aux régions de Lucerne, Zurich, Glaris, Zug et Berne.

1386-1388 : Les Suisses gagnent contre les Habsbourg à Sempach (1386) et Neufels (1388).

1474-1477 : La période des guerres bourguignonnes. Les armées confédérées, dirigées par une Berne (« Prusse suisse ») plus forte, battent Charles le Téméraire, posant ainsi les bases de la prospérité financière de la noblesse. Berne acquiert des « territoires administrés » (en fait des colonies) sur le site de l’actuel canton de Vaud. La Confédération devient une forte puissance militaire, fournissant aux pays d’Europe des soldats mercenaires.

1499 : La guerre de Souabe avec le Grand Empire romain de la nation allemande se termine par l’indépendance de facto de la Suisse vis-à-vis de l’empire. 1481-1513 : Le territoire de la « vieille Suisse » est étendu à 13 cantons. Ses nouveaux membres : Fribourg, Soleure, Bâle, Schaffhouse et Appenzell. Le Valais et l' »Union des trois terres » (aujourd’hui le canton des Grisons) font partie de la Suisse en tant que colonies.

1510-1515 : Campagnes militaires en Italie. Après la défaite cuisante des armées combinées de la France et de Venise à la bataille de Marignano (Lombardie, Italie), les Confédérés mettent brusquement fin à leur politique d’expansion. Ce moment historique est considéré comme le début de la neutralité suisse. La fin de l’ère de la « vieille Suisse ».

L' »Ancien Régime » en Suisse et le schisme religieux – 1515-1798.

1527-1531 : Début de la Réforme en Suisse. Les idées protestantes se répandent à Zurich et à Genève. La Suisse est divisée en deux camps religieux hostiles. Deux guerres confessionnelles conduisent à la défaite des cantons protestants. Consolidation de la noblesse urbaine (patriciens). 1648 : La paix de Westphalie, avec son propre « article suisse », achève le processus entamé en 1499 : la Suisse devient indépendante non seulement de fait, mais aussi formellement et juridiquement.

1653 : La fin de la guerre de 30 ans entraîne une détérioration de la situation économique de la paysannerie suisse. Ils n’ont personne d’autre pour les approvisionner en nourriture et ne peuvent donc pas rembourser leurs prêts. Cela conduit à des révoltes paysannes massives, qui sont écrasées par la noblesse de la ville. 1712 : Une autre guerre sectaire se produit. Les cantons protestants sont victorieux. La domination des cantons catholiques et l’établissement de la « parité » entre catholiques et protestants. 1700-1798 : La période d’industrialisation commence en Suisse, avec la région de Glaris en particulier. Les tensions entre la tradition de l’autonomie suisse et les préférences de pouvoir de la noblesse (patriciens des villes), entre le village et la ville, entre les libres commerçants et les guildes, s’affrontent et s’aggravent. Les idées des Lumières arrivent en Suisse.

La République helvétique. Les périodes de « Restauration » et de « Régénération » – 1798-1848.

1798-1803 : Les troupes françaises envahissent le territoire de l’actuel canton de Vaud et proclament la République helvétique, un État unitaire républicain sous domination française. Tous les ordres et privilèges médiévaux sont abolis. Les cantons perdent leur indépendance et deviennent des districts administratifs. La Suisse devient une arène de combat entre les armées de Napoléon et la coalition anti-française.

1799 : Suvorov traverse les Alpes et se bat au Pont du Diable.

1803 : Les troubles intérieurs et plusieurs coups d’État poussent Napoléon à promulguer l' »Acte de médiation », qui scelle la République helvétique et rend aux cantons leur pleine indépendance. De nouveaux « cantons de médiation » seraient formés : Argovie, Saint-Gall, Thurgovie, Tessin et Vaud.

1815 : La fin des guerres napoléoniennes.

Les puissances européennes, dont la Russie, sont intéressées par l’émergence et le maintien d’une Suisse neutre et indépendante afin de neutraliser les cols alpins stratégiques. Les cantons du Valais, de Neuchâtel (également possessions prussiennes) et de Genève sont cédés à la Suisse. La Suisse est devenue une alliance de cantons indépendants, vaguement liés entre eux. Au Congrès de Vienne, les puissances européennes reconnaissent la « neutralité permanente » de la Suisse.

1815 : Le rétablissement de l’autonomie des cantons ne favorise pas le développement économique de la Suisse. Le développement d’un marché libre et du commerce est freiné par la désunion des cantons, due à l’absence d’une monnaie commune, d’un système de poids et mesures et de droits de douane.

1815-1830 : La période de la « Restauration ».

Les anciennes familles patriciennes des cantons reviennent au pouvoir, mais sans pouvoir éradiquer le caractère progressif du Code Napoléon. Un jeu d’équilibre entre les anciens ordres politiques et les nouvelles tendances.

1830-1847 : La période de la « Régénération ».

Poussé par l’agitation des intellectuels libéraux et inspiré par la Révolution de Juillet en France et la fondation de la Belgique, le mouvement cantonal en Suisse a commencé avec l’objectif de libéraliser l’ordre politique et économique et de créer un État suisse unifié. Le canton de Thurgovie a été le premier à introduire une constitution libérale. Elle donne au peuple une liberté économique et politique. Le déclenchement de luttes acharnées entre les cantons conservateurs et libéraux, qui s’efforcent d’obtenir une plus grande centralisation, conduit à la formation d’une nouvelle constitution.

1847 : Une courte guerre civile oppose les cantons protestants libéraux et les cantons catholiques conservateurs de Suisse centrale, qui forment ce que l’on appelle le Sonderbund. Les cantons catholiques sont vaincus. 1848 : Une nouvelle constitution fait de la Suisse un État fédéral libéral. Les restrictions au commerce et à la circulation ont été abolies. Introduction du suffrage universel et du droit de vote pour les hommes.

La Suisse moderne et son développement – 1848 à 2015.

1848 – 1874 : le gouvernement du nouvel État fédéral, le Conseil fédéral, est absolument dominé par les libéraux protestants. Les conservateurs catholiques sont dans l’opposition. Le développement rapide du capitalisme en Suisse conduit à la formation de clans oligarchiques, il y a une fusion de la politique et de l’économie (« système A. Escher »), et les droits du peuple et des cantons sont restreints. Un mouvement de libéraux radicaux de gauche (aujourd’hui le FDP, le plus ancien parti du pays) pour une « véritable Suisse populaire » émerge. Escher commence à construire des chemins de fer selon le principe de l’initiative privée et fonde une banque, aujourd’hui le Credit Suisse. 1874 : Première « révision totale » de la constitution, introduction des instruments de démocratie directe (référendum facultatif permettant au peuple de s’exprimer sur toutes les lois votées par le Parlement et le gouvernement), entraînant l’effondrement du « système Escher » oligarchique. Construction des tunnels du St Gottard et du Simplon. La croissance rapide du tourisme étranger.

 

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